1 septembre 2026

 De nouveaux éléments pourraient relancer l’affaire de la mort d’Ibrahima Barrya.

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Nouveau rebondissement dans l’affaire de la mort d’Ibrahima Barry, décédé à la suite d’une intervention policière à Mülheim an der Ruhr en janvier 2024. Alors que la procédure judiciaire a débuté le 24 juin 2026 à Duisburg, les avocats de la famille Barry ont organisé une conférence de presse afin de présenter les conclusions d’une enquête indépendante. Analyses vidéo, reconstitution des différentes phases de l’intervention et modélisation 3D : ces nouveaux éléments pourraient apporter un éclairage important sur les circonstances de la mort du jeune Guinéen.*

Dans une salle remplie de journalistes, plusieurs membres de la diaspora guinéenne ainsi que différents invités étaient également présents. Des représentants de l’ambassade de Guinée en Allemagne avaient notamment fait le déplacement pour assister à cette conférence. La rencontre s’est ouverte dans une atmosphère particulièrement chargée d’émotion. Le père, la mère puis la sœur d’Ibrahima Barry ont pris la parole à tour de rôle pour exprimer leur douleur, mais aussi leur détermination à connaître la vérité et à obtenir justice.
Les avocats de la famille sont ensuite revenus sur les enjeux de la procédure judiciaire en cours. Un élément essentiel doit être souligné : *les policiers concernés ne sont pas poursuivis pour le meurtre d’Ibrahima Barry, mais notamment pour des faits qualifiés de **coups et blessures volontaires dangereux commis collectivement dans l’exercice de fonctions officielles*. Cette différence de qualification juridique constitue un enjeu majeur dans cette procédure et alimente les interrogations de la famille et de ses soutiens sur la manière dont les circonstances de la mort d’Ibrahima sont examinées par la justice.

Le principal rebondissement présenté lors de cette conférence vient du travail réalisé par *Forensis e.V., un institut de recherche indépendant spécialisé dans les méthodes d’investigation médico-légale et spatiale. En collaboration avec un médecin légiste de renommée internationale, les chercheurs ont procédé à une nouvelle analyse des éléments disponibles afin de tenter de reconstituer le déroulement de l’intervention policière. Leur méthode va bien au-delà du simple visionnage des vidéos. Elle s’appuie notamment sur l’architecture des lieux, les images, les séquences vidéo, les données spatiales ainsi que la **modélisation 3D*. En croisant ces différents éléments, les chercheurs peuvent reconstituer dans l’espace et dans le temps les différentes étapes d’un événement. Ces techniques d’investigation sont notamment utilisées pour documenter des violences policières, des conflits ou de possibles violations des droits humains.

Malgré le nombre limité d’images provenant des caméras de la police mises à leur disposition, les chercheurs ont expliqué avoir pu reconstituer plusieurs phases de l’intervention et distinguer les actions successives de différents policiers présents. Lors de la présentation, l’attention s’est notamment portée sur les actions de *quatre policiers, dont deux femmes*. Selon l’analyse indépendante présentée lors de la conférence, certaines de leurs interventions pourraient avoir joué un rôle dans les circonstances ayant conduit au décès d’Ibrahima Barry.

*les résultats de cette enquête indépendante n’ont pas encore été examinés par le tribunal dans le cadre de la procédure en cours*. Les avocats de la famille Barry ont néanmoins affiché leur détermination à obtenir leur prise en compte. Ils considèrent que ces analyses pourraient avoir une importance significative dans l’évaluation juridique de l’intervention policière et souhaitent qu’elles puissent être présentées et discutées devant la justice. La question est désormais de savoir si ces nouvelles analyses pourront être introduites dans la procédure et, le cas échéant, quelle importance le tribunal leur accordera.

Après la présentation *Solikreis « Justice pour Ibrahima », groupe de solidarité créé peu après la mort du jeune homme et qui accompagne depuis la famille Barry dans sa quête de justice, a également pris la parole. Le collectif demande une enquête approfondie sur les circonstances du décès et réclame que toutes les responsabilités qui pourraient être établies soient assumées. Des représentants de **Black Community and Self Defense* ont ensuite replacé l’affaire Ibrahima Barry dans un contexte plus large. Ils ont rappelé plusieurs autres affaires concernant des personnes noires décédées ou gravement touchées lors d’interventions policières en Allemagne.

Les intervenants ont notamment abordé les questions du racisme, de la prise en charge des personnes confrontées à des troubles psychiques, de l’usage de la force par la police et, plus largement, de la responsabilité des institutions lorsqu’une intervention de l’État entraîne la mort d’une personne. Pour eux, l’affaire Ibrahima Barry ne doit donc pas uniquement être considérée comme un cas individuel, mais doit également alimenter une réflexion plus large sur les relations entre les communautés noires, la police et les institutions allemandes.

Au-delà des débats juridiques et des différentes prises de parole, pour la famille Barry, l’objectif reste avant tout de connaître la vérité sur les dernières minutes de la vie d’Ibrahima et de déterminer précisément les responsabilités dans les événements ayant précédé sa mort.

 

La suite dépendra désormais notamment de la manière dont la justice de Duisburg examinera les demandes de la famille et de ses avocats. *Pour la famille Barry et ses soutiens, le combat continue comprendre ce qui s’est réellement passé en janvier 2024, faire examiner l’ensemble des éléments disponibles et obtenir que toute responsabilité éventuellement établie soit reconnue par la justice.*

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