16 janvier 2026

Procès Aliou Bah : Le Parquet Général Exige une Peine Plus Lourde, Qualifiant l’Actuelle de Dérisoire

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CONAKRY – 26 mars 2025 – L’atmosphère était particulièrement tendue ce mercredi lors de l’ouverture du procès en appel d’Aliou Bah, leader du Mouvement Démocratique Libéral (MoDeL). À Conakry, le procureur général, Fallou Doumbouya, et les avocats de la défense ont échangé des arguments vigoureux concernant la peine infligée à Bah et les motifs d’appel des deux parties.

Après que la défense ait exposé ses motifs d’appel, soulignant les failles du jugement rendu en première instance, le procureur général a pris la parole pour justifier l’appel du parquet. L’un des premiers points qu’il a abordés était le concours réel d’infractions, en citant les offenses et diffamations dont Aliou Bah était accusé. S’appuyant sur les articles 93 et 94 du Code pénal guinéen, il a expliqué que, selon la loi, lorsqu’il y a concours d’infractions, c’est la peine la plus lourde qui doit être appliquée, et non une peine inférieure au minimum légal.

Le procureur a également évoqué un second motif d’appel, rappelant qu’en cas de conflit entre une loi générale et une loi spéciale, c’est la loi spéciale qui doit s’appliquer. Bien que le procureur n’ait pas mentionné explicitement les lois, il faisait clairement allusion au Code pénal et à la loi sur la cybersécurité, des textes qui traitent de questions relatives à la diffamation et aux offenses commises en ligne.

Fallou Doumbouya n’a pas manqué de qualifier la peine de deux ans d’emprisonnement ferme, prononcée par le tribunal correctionnel de Kaloum le 7 janvier 2025, de « dérisoire », estimant que cette peine était bien trop clément pour des faits aussi graves. « Le législateur pénal guinéen dispose que lorsqu’il y a concours d’infractions, c’est la peine la plus élevée qui doit être infligée. Nous avons constaté que, dans cette procédure, le juge est allé en deçà du minimum légal« , a insisté le procureur général.

Avec une ferme détermination, Fallou Doumbouya a ajouté : « Nous estimons que la peine est excessivement dérisoire. Nous allons en débattre, et le ministère public va vous démontrer que cette peine est dérisoire. » Le procureur a clairement signifié que la décision du tribunal de première instance devait être réévaluée et ajustée, dans l’intérêt de la justice et de l’application des lois du pays.

Le procès, qui continue de captiver l’attention des observateurs, met en lumière les tensions entre les différentes parties de la procédure judiciaire. Les débats autour de la peine d’Aliou Bah ouvrent une réflexion plus large sur l’application de la justice en Guinée, et sur la façon dont le système judiciaire gère les accusations à l’égard des figures politiques, particulièrement en période de transition.

La suite de ce procès en appel sera cruciale, non seulement pour Aliou Bah, mais aussi pour la crédibilité des institutions judiciaires guinéennes dans leur capacité à rendre des décisions équilibrées et conformes à la loi.

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